Jeudi et vendredi j'étais en stage à Paris, toujours très épuisant les transports, train métro, ces gens qui ne sourient pas, qui ferment les yeux, écoutent de la musique , lisent, téléphonent, et s'endorment parfois, la tête baissée ou rejetée en arrière.
Et cette station Gare de l'Est où à chaque fois les larmes me montent aux yeux, ta station, celle qui te menait à ton école, et je t'imagine , serré contre ces gens, il y en a peut être un parmi eux qui t'a croisé, ton MP3 sur tes oreilles, avec ton éternel sac à dos, grande silhouette qui disparait peu à peu dans les couloirs du métro...
J'en ai tellement marre de vivre Vincent, cette souffrance m'étouffe, j'hurle en silence, je ne fais que penser à ce que j'aurais pu faire encore en plus pour toi.
Au stage il y avait Patricia qui a parlé de son association de parents endeuillés. Je suis allée la voir pendant la pause, nous avons beaucoup discuté, veuve à 23 ans à 3 semaines d'accoucher de son petit garçon, avec une petite fille qui à l'époque avait 2 ans et demi, petite fille qui a grandi et qui est partie il y a 5 ans dans un accident de scooter. Elle avait 18 ans. Rencontrer quelqu'un qui a nos mêmes souffrances ça permet d'évacuer un peu de cette douleur qui nous habite. On se reconnait. Elle m'a dit de dire aux gens "non ça ne va pas" quand on me le demande, elle m'a dit qu'a un moment il faut cesser de préserver les autres, qu'il faut qu'il sache que non, on n'ira plus jamais bien. Tout comme moi c'est vraiment au bout d'un an qu'elle s'est écroulée. Nous nous retrouvons encore 2 jours la semaine prochaine, nous garderons le contact et elle va me faire connaitre son association, j'en ai besoin, j'ai l'impression que je coule.
Je t'aime mon enfant